Le XXI siècle sera le siècle de la faim.

Pour bien faire, il faut bien commencer. Et donc pour débuter ce blog, autant se mettre dans une ambiance complétement glauque dès le premier pavé.

La faim donc… Ou bien la fin ? Qui sait… Bon, disons la famine. Il est évident que son spectre décharné ne plane pas encore tout à fait au dessus des pays occidentaux. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la situation est très loin de celle de l’abondance et certains produits comme la viande risquent de devenir un véritable luxe. Le constat de la situation agricole en cet été boréal est bien sombre. Les grandes régions agricoles de ce monde plient les unes après les autres face aux conditions climatiques adverses. Et la déroute de la production agricole provoque déjà des difficultés dans certains pays. Et pressurise encore un peu plus une économie mondiale déjà exsangue. Comme si la situation n’était pas déjà assez tendue ainsi…

 

 

Les événements météorologiques

D’un point de vue climatique, le bilan est vite dressé. Le réchauffement global dopent les événements extrêmes, et la sécheresse touche à des degrés divers les États-Unis et l’Europe.

De manière pratique, l’impact du réchauffement se fait de toutes les manières possible.

D’une part, il perturbe la circulation atmosphérique de l’Hémisphère Nord. Depuis quelques années, les scientifiques présentent qu’avec le réchauffement, le ralentissement du courant-jet amène une circulation atmosphérique ralentit et qui méandre : http://french.wunderground.com/blog/JeffMasters/article.html?entrynum=2003

http://www.climatecentral.org/news/arctic-warming-is-altering-weather-patterns-study-shows/

http://e360.yale.edu/feature/linking_weird_weather_to_rapid_warming_of_the_arctic/2501/

En clair et visuellement, la situation atmosphérique du mois de Juin ressemble à ceci :

Z500 Juin 2012

Des réanalyses du NCEP NCAR : http://www.esrl.noaa.gov/psd/data/reanalysis/reanalysis.shtml
Hauteur du géopotentiel Z500, niveau de pression constant de 500 hPa, en mètres, pour Juin 2012. Les crêtes barométriques sont en traits plein, les creux barométriques en traits discontinus

Les crêtes barométriques sont représentées en trait plein, et les creux barométriques en traits discontinus. Classiquement, le temps est frais et pluvieux en association avec un creux barométrique ; et le temps est chaud et sec en association avec une crête barométrique. Il est de suite clair pourquoi est-ce que l’impression d’un début d’été pourri a dominé dans le Nord Ouest de l’Europe… De même pour la sécheresse aux États-Unis, qui sont resté sous la dominance d’une crête barométrique durant le mois.

Là où les choses deviennent intéressante, la normale climatique pour un mois de Juin calculée sur la période 1981 à 2010 (et donc largement empreinte du réchauffement déjà ….) ressemble à ceci :

Normale de la hauteur du Z500, Juin

Normale de la hauteur du Z500, niveau de pression constant 500 hPa, en mètres, au mois de Juin.

Il y a quand même une petite différence quelque part… Et cette différence correspond tout à fait aux conséquences attendus du réchauffement. L’effet « méandres » est évident.

Méandres de l'Amazone

‘y a pas à dire, que ce soit l’eau ou l’air, dès que cela ralentit, cela devient le bazar…

D’autre part, le réchauffement… réchauffe les masses d’airs. Pour un même niveau de précipitations, des températures plus élevées renforcent l’évapotranspiration et accentue la sécheresse.

Pour l’Australie, la situation météorologique est un peu différente. L’Hémisphère Sud est moins affecté par le réchauffement. L’un des facteurs qui a participé à l’asséchement du Sud-Est australien en 2012 est le développement d’un événement El Niño dans le Pacifique.

 

 

Les conséquences économiques

Le résultat sur les cultures est à l’échelle de la démesure de ces événements. La Russie est moins sévèrement touchée qu’en 2010, mais ses capacités d’exportations seront quasiment nulles. Les dernières prévisions donnent une production de 70 à 80 millions de tonnes de grains, à peine au dessus du volume nécessaire au marché intérieur de 70 millions de tonnes http://www.thefinancialexpress-bd.com/more.php?news_id=138927&date=2012-08-03

Le reste de l’Europe ne s’en sort pas nécessairement mieux. Pour l’Europe du Sud, les récoltes risquent de perdre 5 millions de tonnes par rapport à 2011 : http://www.bloomberg.com/news/2012-07-31/eu-s-corn-outlook-reduced-by-offre-demande-on-heat-wave.html

Seul les pays du côté de la France et de l’Allemagne s’en sortent mieux. Si l’été mi-figue mi-raisin au nord de la Loire et au delà n’a pas été du goût de tout le monde, il a au moins sauvé l’agriculture local.

Aux États-Unis, les estimations sérieuses manquent, la plupart semblant sous estimer généreusement la gravité de la situation. Environ 25% des récoltes seront sans doute perdues. http://www.earth-policy.org/press_room/C69/teleconference_us_corn_harvest_likely_to_drop_25_percent

Ceci n’est plus un champ de maïs. Et cela n’a aucun rapport avec une blague belge impliquant un peintre et sa pipe…

En Australie, l’Hiver austral n’est pas fini, mais les prévisions sont déjà sombre, avec des pertes de possiblement 40% : http://www.bloomberg.com/news/2012-07-30/west-australia-s-grain-harvest-seen-dropping-40-on-weather-3-.html

À l’échelle du globe, le cumul de ces mauvaises récoltes en série pèse sensiblement. La production mondiale de grains devrait baisser de 5%, au moins, par rapport à 2011. Alors que la population continue de croitre…

Les imapcts tangibles sont déjà présent. L’Indonésie connait ainsi des tensions importantes suite à l’inflation des prix de l’alimentation : http://www.csmonitor.com/World/Backchannels/2012/0727/US-drought-already-rippling-out-into-the-world

Les États-Unis, l’Oklahoma en l’occurrence, rationne l’eau potable alors que des coupures commencent à se manifester : http://newsok.com/city-makes-water-rationing-mandatory-to-ease-usage/article/3697472

Si ce n’est la conséquence de la sévère atteinte du secteur agricole national, il s’agit de tout évidence d’une conséquence tangible de la sécheresse.

Le commerce mondial est sous pression, et s’effondre à nouveau. Le facteur prépondérant de cette dégringolade actuellement est le ralentissement des importations de matières premières par la Chine. Le Baltic  Exchange Dry Index, construit à partir des coûts du commerce maritime mondiale, montre que le dit commerce va (très) mal. En effet, ce n’est pas un surplus de l’offre de cargos qui pousse les prix vers le bas, mais une demande mondiale liée au commerce en baisse. http://www.activistpost.com/2012/07/bad-economic-signs-2012.html

Indice de l'activité commerciale maritime

Le Baltic Dry Index est un indicateur du commerce maritime mondial. Actuellement, sa baisse est générée par une baisse des besoins de transports, et n’est donc pas bon signe pour l’économie mondiale.

Avec un zoom sur les années récentes pour y voir plus clair…

Malgré tout, la baisse des exportations agricoles commencent à se faire sentir, et devrait envoyer l’indice par le fond à l’Automne :

http://www.bloomberg.com/news/2012-07-30/grain-cargoes-seen-slowing-most-in-19-years-on-drought-freight.html

De très mal, on passerais à des plus bas depuis aux moins quelques décennies. Le BDI est généralement considéré comme un indicateur fiable, précurseur à  6/12 mois des tendances de l’économie mondiale. La tendance actuelle serait donc celle d’un nouveau ralentissement de l’économie mondiale dans les tous prochains mois, amplifié par la très forte perturbation du marché des matières premières agricoles. Heureusement que nos gouvernements ont allumés myriades de cierges à l’autel de la croissance. Il est sûr que cela devrait suffire à faire repartir l’économie…

Et l’inflation galopante générait par une inadéquation totale entre l’offre et la demande devrait pousser les prix au delà des sommets de 2008 et 2010 :

http://necsi.edu/research/social/foodprices/updatejuly2012/food_prices_july_2012.pdf

Notons que dès la première phrase, le NECSI ne donne pas dans l’ouvrage de dentelle : « Recent droughts in the midwestern United States threaten to cause global catastrophe driven by a speculator amplified food price bubble. ». Pour les anglophobes, cela dit à peu près que la récente sécheresse dans le Midwest états-unien menace de provoquer une catastrophe global conduit par une bulle des prix de l’alimentaire amplifiée par la spéculation. Le NECSI souligne un point important, qui est le rôle des « biocarburants » ou plus exactement agrocarburants. La production agricole est en effet utilisé pour partie dans la synthèse de carburants, ce qui représente autant de perdu pour l’alimentation humaine. Il est ainsi important de souligner que le maïs est essentiellement utilisé pour la synthèse de carburants, et l’alimentation du bétail. Aux USA, la sécheresse de 2011 avait déjà fortement impacté les élevages et poussé les prix de la viande à s’envoler. Cela ne risque pas de s’arrêter en 2012… La première hausse des prix en 2008 avait été portée essentiellement par la spéculation, et les conséquences de l’utilisation des biocarburants. La seconde hausse, en 2010, avait été provoquée par la sécheresse russe, mais amplifié par les mêmes facteurs. En 2012, la chute de la production agricole devrait se suffire à elle-même pour pousser à la hausse les prix, mais à nouveau la spéculation et les biocarburants seront un facteur d’amplification. En effet, dans le même temps, le NECSI met en évidence que la situation actuelle est particulière par l’ampleur de la régression de la production mondiale. Il y a donc deux causes concourant à cette inflation. Hugues Stoeckel le rappelait d’ailleurs dans son ouvrage La faim du monde. Le gaspillage est partout présent. Conjugué à la pertes des terres arables, la question de la famine se fait donc bien réel. Dans l’immédiat, la FAO note d’ailleurs qu’une tension sur les prix est déjà perceptible en Juin suite à la situation agricole aux USA :

http://www.fao.org/worldfoodsituation/wfs-home/foodpricesindex/en/

Ce qui est aussi notable actuellement est l’optimisme béat ambiant maintenu à toute force contre l’évidence de la réalité, brutalement douché il est vrai ces derniers temps. En un mois environ, la certitude que la production agricole augmentera encore un peu plus en 2012 à été remplacé par une fébrile inquiétude. Attendons encore un mois, et quand chacun aura pris conscience de l’ampleur des pertes nous pourrons finalement avoir des prévisions réalistes et qui évitent le poncif du tout va bien même si tout va mal. Dans ce contexte, le Conseil International des Céréales semble un peu plus réaliste cependant :

Histogramme des productions et prévisions de production pour les années récentes

On note qu’en un mois, les prévisions se sont un tantinet vautré…

Bref, la situation qui, comme chacun le perçoit bien, est déjà mauvaise, n’ira sans doute que de mal en pis dans les mois à venir.

 

 

Mais encore ?

Au delà du constat et de l’analyse des mécanismes sous-jacents, par contre, personne ne pipe mot. Ce qui est intéressant est en effet ce qui ne se dit pas…

Faisons un peu de logique. N’importe quel scientifique un peu sérieux vous dira que le réchauffement climatique amplifie les extrêmes de pluviométries et de températures, dont ceux de 2012. N’importe quel agronome un peu sérieux vous dira que les conditions climatiques actuelles dévastent les cultures des principaux pays agricoles. N’importe quel économiste un peu sérieux vous dira que l’état de la production agricole mondiale menace d’amplifier une crise économique déjà sérieuse. Et n’importe quel premier venu comprend bien que ces assertions précédentes n’ont rien de fumeuses et sont tout à fait cohérentes. Donc, nous pourrions conclure que, peut être de loin, peut être indirectement, mais de manière certaine, le réchauffement climatique participe maintenant à la ruine de notre économie.

Curieusement, une conclusion qui n’est pas vraiment atteinte dans les médias.

À l’échelle individuelle, cela se comprend. Ce sont des événements distants les uns des autres, et voir le lien entre le réchauffement et la crise économique n’est pas facile. Non d’un point de vue conceptuel, le court paragraphe ci-dessus le montre bien. Mais bien du point de vue de la longueur de la chaîne des conséquences, où les facteurs causaux viennent de tous les horizons, s’entremêlent et se diluent les uns les autres. La fragilité de l’économique est à la hauteur de sa complexe inter-connectivité avec un peu près tout. Ce qui fera la catastrophe, comme bien souvent, n’est pas un choc singulier de grande magnitude, mais une succession d’événements et de défaillances qui mènent à la rupture.

La conséquence exacte du réchauffement, en terme de coût, de sous perdus dans l’histoire, ne sera donc sans doute jamais connue. Nous pourrons chiffrer les pertes du secteur agricole suite à la sécheresse ; mais nous ne connaitrons probablement pas le coût incluant toutes les conséquences indirectes. D’autant que ce coût inclut la déstabilisation d’état plutôt stable jusqu’à présent, des émeutes, et autres événements incommensurables. Encore que, puisque la théorie économique actuelle nous dit que tout est marchandable, il doit bien exister un cours officiel du litre de sang humain en dollars. Toujours est-il que nous pouvons dire avec certitude que le coût réel du réchauffement climatique dépassera de très loin le seul chiffre des pertes sur le secteur agricole.

Cependant, cette chaîne n’est pas encore complète. Que cause le réchauffement ? Ce sont les émissions massives de gaz à effets de serre, depuis deux siècles. Un vieux principe dit « Pollueur, payeur ! ». En l’occurrence, le coût non chiffré de toutes les conséquences des événements climatiques de cette année seront discrètement ventilé entre tous les consommateurs à travers la hausse du prix des matières premières. Non de manière intentionnelle bien sûr, mais parce que ce coût bien réel de l’utilisation des énergies fossiles, n’est justement pas considéré en tant que tel. Demain, personne ne payera son litre de carburant quelques centimes plus cher pour assumer financièrement toutes les conséquences de l’utilisation de ce litre de carburant.

En français, cela s’appelle en fait une subvention. Les 30% de plus que l’Indonésien dépensera en soja, ce sera autant d’argent que ne nous dépenserons pas à la pompe à essence. Soyons ici clair. Non que la pompe à essence soit la mère de tous les maux, ou que l’Indonésien ne pollue pas au contraire de l’Européen. Mais pour l’exemple, nous voyons ainsi qu’il s’agit effectivement d’une subvention. Bien que nous ayons tous chargé l’atmosphère, pour ainsi dire personne ne payera à hauteur de sa contribution. Et ceux qui payeront plus que ce qu’ils ont pollués subventionnent nécessairement ceux qui ont pollué plus qu’ils ne payeront.

La difficulté – les raisons qui font que nous avons du mal à percevoir cette évidence que nous sommes subventionnés par des anonymes à travers le monde pour maintenir notre train de vie – vient de notre perception des risques.

Quand un de nos ancêtres se trouvait face à un tigre à dent de sabre au détour d’un arbre, il n’avait pas trente-six solutions. Se battre ou fuir. Et les issues étaient aussi nombreuses. Bouffer ou se faire bouffer. Là encore, point d’ouvrage de dentelle, et l’analyse du risque était vite menée.

Tigre à dent de sabre

Rencontre inamical en vue…

Dans un monde globalisé, la portée de nos actions dépasse en quelque sorte notre capacité à analyser cette portée. Entre le remplissage de notre réservoir et la flambée des prix de l’alimentaire, le lien est là encore extrêmement ténu, et chacun de nous n’est qu’un contributeur parmi des milliards d’autre contributeurs. De plus, c’est notre propre contribution qui se retourne contre nous. En général, nous préférons rejeter la faute sur les autres (mais si, souvenez-vous… une vielle histoire d’assiette cassé et de petit frère/petite sœur…). Pour autant, le lien existe et implique chacun de nous.

Ce qui est extrêmement dommageable est le silence pesant des médias à ce sujet. Les médias ont théoriquement la capacité à mettre en relation les informations, à proposer une vision de ce monde qui fasse sens, à suppléer à cette limitation individuelle qui fait que nous ne connaissons pas tout, ne ressentons pas tout, ne vivons pas tout. Mais là, c’est un brassage du vide que nous mettent en scène les médias (physiquement, c’est un concept intéressant n’empêche, le brassage du vide). La stratégie actuelle des médias est d’ailleurs un vibrant reflet de la psychologie humaine. Face à une information qui nous dérange, nous compartimentalisons. Nous séparons les informations dans des domaines étanches, sans les faire se rencontrer. La sécheresse, c’est les agriculteurs qui vont l’avoir mauvaise, éventuellement si on pense à lui, le petit somalien au fin fond de sa savane qui crèvera (doivent être immortel n’empêche, depuis le temps qu’ils tiennent, les somaliens…) un peu plus de faim. Aucun rapport avec la crise économique. Et la crise économique, c’est juste un réajustement normal et périodique, et bientôt tout ira pour le mieux (dans le meilleur des mondes). Rien à voir avec le réchauffement.

Il est notable que le Dust Bowl des années 30 aux USA est considéré comme partie de la Grande Dépression. Un lien entre événement météorologique et impact économique majeur a déjà été tracé. Ici ce lien n’arrive pas encore à être tracé. Peut être qu’il est nécessaire d’attendre un peu que la conscience collective se saisisse de ce fait. Malheureusement, le temps nous manque de plus en plus.

Enfin, pour terminer sur une note d’espoir, notons que la situation météorologique a des chances d’être encore joyeusement catastrophique l’année prochaine. L’avènement d’un événement El Niño dans le Pacifique, un maximum de l’activité solaire, un réchauffement qui se poursuit, et une banquise Arctique au bord du collapse, risque de ne pas faire bon ménage et provoquer à nouveau quelques déraillements mémorables de la météorologie…

Dans le même temps, la situation économique est parti pour se détériorer inexorablement. L’Union Européenne en essayant de maintenir dans l’Euro des pays qui ne peuvent plus y rester, repousse l’inéluctable, et amplifie le choc de cet inéluctable. La Chine, malgré moult contorsions intelectuo-statistiques pour prouver que l’économie national tient le coup, est au bord de la récession. Et les USA ne sont pas dans un état tellement plus glorieux. Dans ce cas, ce sont quelques déraillements de l’économie qui sont en vue.

Finalement, nous pourrions presque venir à espérer la fin du monde le 21 décembre 2012….

Voilà, je vous laisse pas tout-à-fait comme vous étiez venu, et j’espère un peu plus curieux de vous et de ce monde.

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :