De l’interdépendance

J’ai sans doute un peu de mal à commencer ce blog. Enfin, je trouve.  Le ton que j’ai adopté sur les deux premiers articles ne me convient pas, ce n’est pas celui que j’aurais voulu donner en tous cas.  Je crois que me cherche autant que je cherche. Pour autant, voici un article tiré du blog du blog d’Olivier Berruyer :  http://www.les-crises.fr/

http://www.les-crises.fr/l-espoir/

L’article vaut la peine d’être lu.

Pour ce même blog, j’avais aussi écris une brève réflexion à partir de la pensée d’Illich et d’Arendt :

http://www.les-crises.fr/perspectives-illich/

 

Ici, à propos de l’interpédance, je voudrais partir de deux petites discussions et d’une petite anecdote que j’ai vécu les semaines précédentes.

Pour le premier échange, c’était avec quelqu’un qui me disait qu’il rechargeait son téléphone portable sur la prise 12V de sa voiture.  Cela lui évitait de le recharger chez lui, et donc diminuer sa facture d’électricité. J’ai tenté de lui expliquer que l’électricité de la voiture était produit par l’alternateur, et donc le moteur. Et donc qu’in fine, ce qu’il ne payait pas sur la facture d’électricité, il le payait à la pompe. Malgré tout, il ne semblait pas convaincu, que cela entrainé une surconsommation très faible, que c’était négligeable. Je n’ai pas cherché à insister.

Pour le deuxième échange, c’était à propos des prix de l’essence. Cela est parti d’une information sur le gouvernement, convaincu qu’il est qu’il peut maîtriser la facture à la pompe. Comme à chaque fois dans ce genre de discussion, je m’évertue à dire que le pic pétrolier est passé, que c’est la fin de l’essence pas cher, et que suppression des taxes ou pas suppression des taxes, on va finir par payer 2 euros le litre, avant de le payer le double puis le triple. Une personne commence alors à me demander pourquoi est-ce que nous n’utilisons pas des biocarburants, ce à quoi je réponds – bien évidemment😀 – que cela signifie purement et simplement faire mourir de faim les pays les plus pauvres.

Et pour la petite anecdote, durant un voyage en train, la dame à mes côtés lisait un truc sur l’écologie dans un magazine de la semaine. Et à un kiosque d’une gare j’ai alors acheté le dit magazine de la semaine. L’article tournait autour des poncifs habituels, disant que nous pouvions toutes améliorer le sort de la planète sans trop perturber notre façon de vivre. Par là dessus, nous avons l’image de la famille moderne, avec papa, maman, le fils, la fille, et rangé dans le bon ordre ; subtilement opposé aux industriels.

 

N’étant pas ici pour raconter ma vie, je voudrais en fait venir à une généralité.

 

Commençons par un peu de physique. La thermodynamique a deux grands principes fondamentaux, inviolables et inamovibles. Le premier dit que l’énergie se conserve. Et le deuxième dit que l’univers tend vers le bazar maximum (notons que pour celui-ci, il y a une version plus polie qui dit que l’entropie d’un système augmente, mais cela revient au même).

De cela découle quelques conclusions finalement assez simple. La chaleur est une forme d’énergie désordonné, le travail une forme d’énergie ordonné. Et la production d’un travail à partir d’une source de chaleur ne peut donc qu’avoir un rendement très mauvais. Et cela ne tient pas à un défaut de solution technique, simplement on force le passage d’un état désordonné à un état ordonné. On va donc contre le deuxième principe. Un moteur, quoique nous fassions, aura un mauvais rendement. De même, un « vecteur » d’énergie n’est pas la même chose qu’une source d’énergie. Les agrocarburants, l’hydrogène, le pétrole, sont des vecteurs d’énergie.

Et il n’existe tout simplement pas de source.

Ce sont simplement des transformations successives de l’énergie. Les agrocarburants ou le pétrole sont une transformation de l’énergie solaire via la photosynthèse, qui elle même n’est qu’une grande réaction de fusion nucléaire, qui elle même…
Ce qui est sans doute assez difficile à comprendre alors est le fait qu’il n’existe donc pas au final de réel solution technique. L’énergie n’est pas spontané, et toute dépense se paye à un moment ou à un autre.

 

D’autre part, l’être humain est doué d’une certaine « intelligence ». L’évolution cherche a adapté l’espèce à un environnement relativement fixe ; alors que l’intelligence cherche à adapter l’environnement pour les besoins d’une espèce relativement stable. En cela, même une fourmilière est intelligente. Notre spécificité en tant qu’espèce intelligente réside dans la taille de nos constructions. L’être humain s’est ainsi bâti un monde très complexe qui a profondément modifié sa relation à l’environnement. Ces systèmes artificiels ont toujours existé, mais sont progressivement devenu tentaculaire. Et nous nous perdons dans le dédale de leurs ramifications sans toujours comprendre quelque chose. Ivan Illich parlait ainsi de contre-productivité. Arrivés à un seuil critique, les systèmes finissent par être contre-productif.

Ainsi, l’idéal technocrate reste fort, l’idée que nous pourrions nous en sortir par les évolutions techniques, « sans trop perturber notre façon de vivre ». Pour autant, si la technique sert l’Homme, c’est pour mieux l’asservir.  Chaque progrès génère de plus grandes difficultés, et nous devenons dépendant de nouvelles solutions techniques pour les résoudre. Nous sommes pris dans un emballement qui semble ne plus pouvoir s’arrêter que très brutalement. Nous n’arrivons pas à réfléchir en dehors du cadre imposé par cette société. D’où par exemple le sempiternel « la croissance » à chaque fois qu’un homme « politique » s’exprime. Non qu’il veuille sciemment dissimuler que tout fout le camp, mais juste qu’il n’arrive pas à penser en dehors de ce cadre. Et d’où cette volonté désespérée de trouver une solution technique à un problème qui n’admet pas ce type de solution. Nous sommes esclaves de notre propre monde d’objets.

De même, nous expulsons le sentiment de culpabilité que génère la prise de conscience que nous faisons tous parti de cette même déchéance en rejetant la faute sur d’autres. C’est la faute des industriels (Total qui s’en met plein les fouilles est un des dernier sujets à la mode), au gouvernement,… Cela est d’autant plus facile que les systèmes sont devenus si démesurées que notre impact en tant qu’individu est complétement noyé dans la masse en apparence.

Et cela est tellement bien emballé que nous arrivons à penser que les agrocarburants puissent remplacer l’essence, ou que recharger le téléphone portable sur la voiture est préférable. Cependant, cela est pour le moins trompeur. Il n’existe aucun échappatoire dans un emballement technique.

 

Nous devons réfléchir à notre société, à nous en tant qu’individu,  à notre relation à ce monde et aux autres.

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