Diviser pour mieux régner

Esteban Zia et les pendentifs

Ils ne sont pas mignons tout les deux ?

Les mots ont un sens. Symbole vient d’un mot d’une vieille langue, le grec : σύμβολον et désigne à l’origine un signe de reconnaissance entre deux personnes par l’union de deux pièces complémentaires (un peu comme le pendentif d’Esteban et Zia dans les Mystérieuses d’Or pour ceux qui connaissent ^^ ). Symbolon vient ainsi d’un verbe qui veut dire entre autre chose unir, réunir. Le symbole est donc le signe qui manifeste une réalité abstraite, par l’union de réalités matérielles. L’étymologie est quand même intéressante car elle montre que pour arriver à un certain niveau d’abstraction, nous avons besoin d’unir des signes matériels entre eux. L’hébreu, une autre vieille langue de ce monde, n’a pratiquement aucun mot abstrait, et pourtant la Bible est écrite en hébreu. C’est par l’union de mots concrets que l’hébreu construit l’abstraction et parvient à parler d’un truc aussi peu « matériel » que le bon Dieu. Par exemple, pour parler encore d’un passage de la Bible que j’ai déjà cité : « הבל ». Hevel désigne la vapeur, le souffle léger, mais il peut aussi désigner la vanité, et en tant que nom propre, il devient Abel, le nom porté par le frère de Caïn.

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L’humanité d’Auschwitz

Et de Sobibor. Et de Treblinka. Et des Einsatzsgruppen. Et…

Albert Camus, dès les années 1940, commence à développer une réflexion du fascisme et du nazisme, qui est pleinement exprimée dans l’Homme révolté. Il montre comment la révolte dans sa dimension purement historique mène au totalitarisme. Gamin, je m’étais parfois demandé pourquoi le Troisième Reich n’avait pas gagné la guerre et qu’il avait voulu s’attaquer à toujours plus gros alors qu’il maitrisait la situation géopolitique au début. La réponse, c’est bien celle que fournit Albert Camus. La révolte est devenue une industrie à la hiérarchie militaire qui s’incarne dans cette phrase célèbre : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer ». Le dynamisme pur de la révolte ne peut se maintenir quand se trouvant sans cesse de nouveaux ennemis. Et qui peut aboutir au génocide industriel. Ce point de vue est tout à fait pertinent, et je ne saurais rien dire de plus, Albert Camus se suffisant bien à lui-même.

Le point plus particulier que je tiens à souligner est cependant quelque peu différent et complémentaire. Je voudrais mettre en lumière un élément qui est le ressort encore plus profond de la focalisation du déchainement de la haine sur des groupes de populations.

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